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samedi 2 juillet 2011

Yoga nidra



(Akward) translation : On my hair, I spread the solar system, I lay down its dark profound light, its infinite blue. And its billions of stars, dead or alive, catch at my hair's tangles.
In my breast, I put down some scented flowers' petals (rose) and saccharose and some lil ♥. And, of course, cherries : a lot of them. In my breast.
Between my thighs, I hide the secrets of alchemy. Precious metals trickle along my hips : sparkling gold, silver and vermeil.
I put aside green and braun for my feet, around which giant sequoias' and baobabs' roots coil up.
On my face's skin, I carve marble and alabaster, ceramic at a pinch. and I cut an ancient statue's solemn and serene mask.
On my teeth : diamonds -I spread tiny twinkling ones. And here, I seat the Mount Fuji's majesty.
In my womb, eventually, the staggering light which is said to accompany death.

sources images : 1, 2, 3

vendredi 13 mai 2011

Parce que


Because I thought he was a gemini (but he is a scorpio). For the choice of his perfume. Because he buys some of his clothes in the woman department. Because he likes reading and sleeping in and having baths. Because he likes to play the fool (but he fears not to be loved). For his funny childish faces. For his sheer madness. Because his hand skin chaps in wintertime. For the roundness of his shoulders and the length of his neck. Because he likes playing to the gallery. Because he likes to be surrounded with girls. Because he steals his mother’s cosmetics. Because he is charming. Because he likes beer and soccer as much as he likes Italian paintings. Because he is the contrary of what he seems to be (under his casual manners : responsibility, under his fickleness : stability, under his nonchalance : frailty, under his provocations : uprightness, under his being a child : his being an adult, under the adult : the child).

 
I’d like to be a man with him, I’d like to be a woman.

I’d like to be quiet and crazy, his mother and reprimand him, his baby daughter that he tells off.

I’d like us to be two bald faced monster-kids - and two reasonable adults.

With him, I want boredom and elation. I want dereliction and restraint, excess and frustration. And shouts.

I want giggles.

 
© (de gauche à droite et de haut en bas) : 1 (Habit Rouge Guerlain), 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 (Alice au pays des merveilles, Tim Burton), 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18 Alain Mila, 19, 20, 21, 22, 23 Lady gaga, 24, 25, 26, 27, 28 Hoegaarden, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36 Marco Anelli, Grazia Neri.

jeudi 31 mars 2011

Lifelong Desire

Je n'ai jamais cessé de tomber amoureuse. De toi. Ou de tes jumeaux. Tiens. Voilà encore l'un de tes frères. Ou de tes ascendants. Ou de tes avortons. De ceux issus de ta fraterie. Ou dont tu descends. Ou que tu as engendrés. Bref d'une même lignée que toi - Des projections, des avatars : - Âmes soeurs, ou parts de la même grande âme, - D'une même famille, - Des manifestations de ton ubiquité. Et c'est toujours toi finalement, - Que j'aime en pointillés, - Que j'aime sporadiquement, - Au travers d'autres; - Et mon amour se pose ici et là - Où je reconnais des bouts de toi. Invariablement, je tombe dans le piège de ceux qui te ressemblent, - Me laisse prendre dans leurs filets.

Je suis à ta recherche - Je suis en quête de toi - Je suis ta trace; - Traque tes drôles de cris, suis à l'affût de ton odeur
Tu es passé par ici
Tu repasseras par là
A "TROIS", je me retournerai - Et je découvrirai que tu es là derrière mon dos - Prêt à déguerpir, - Et je n'ai plus qu'à te courser - (Et jamais ne t'attrapperai) - Je te poursuis sans fin - Les cors ne sont pas prêts de sonner : je te chasse sans pompes, - Accroupie : à l'ouïe et au flair, - Aux aguets, tous sens en éveil.
Terrée dans son terrier,
Blottie dans son nid,
Tapie dans sa tanière,
La Petite Bête est là à me narguer. Lâchez les chiens, je t'ai repéré! J'ai tiré, et clac! Evaporé!
-"Où es-tu passé? Tu te caches?"
Allez, je compte jusqu'à 10. Sors de ta cachette! ...Je donne ma langue au chat.
Et pourtant, - Je rêve de t'écorcher_de te saigner_de te plumer_te dépecer_de te vider_de t'équarrir. De te dévorer cru, de faire de toi un trophée. De la bête féroce sucer le sang, la moëlle... - -Et saisir le coeur de ce que tu es. 


Je te suis depuis si longtemps maintenant, que je sais tout de tes habitudes, - Anticipe le moindre de tes mouvements. Je sais où tu niches, où tu gîtes. Tu ne me surprends plus, - Et pourtant je cherche toujours à découvrir tes mystères, 
 J'aime tes doubles dans mon miroir.

mardi 22 février 2011

La Grande Reddition

(pour G.)

J'ai choisi de rendre à l'univers ce que l'univers a donné,
abandonné la partie,
hissé le drapeau blanc,
eu recours à l'ultime lâcheté,
remis l'existence à l'Existence,
renoncé au cadeau miraculeux,
quitté le labyrinthe gigantesque,
le casse-tête insolite,
objet inutile et absurde,
aux recoins multiples,
où se perdent les bouts de doigt qui furettent,
immense,
aux possibles infinis,
duquel on ne finit pas de défaire les noeuds innombrables,
et dont on ne trouve jamais l'issue, la solution.

J'ai rendu les armes devant l'adversité,
laissé derrière moi l'enjouement de la curiosité,
des doigts qui furettent - et qui se font pincer,
capitulé face aux impasses, aux pièges,
aux petites et grandes luttes.
Renoncé à ce qui est beau (la richesse de l'altérité, la chaleur des Autres),
renoncé à ce qui est bon (l'émotion, et les plaisirs des sens),
rendu la vie à la Vie,
refusé le présent sacré : l'or, la myrrhe, l'encens,
et le destin des hommes.

crédit photo : LaNouvelleGazette.be

lundi 14 février 2011

Un ru

Après tout, c'est la saint Valentin. un poème d'amûr semble légitime!

Ton amour est un ru Ton amour est un ru/ dans un trou de ver/dure tout doux où /je suis allon/gée allanguie et nue/et pâle l'on/de s'écou/le à l'envers /de la mer à la source /elle poursuit sa course / à jolis_petits_bruits /des cailloux (ouille!)_gratouillent_chatouillent /mes seins mes fesses /et l'eau / doucettement caresse / ma peau. De longues gerbes / de hautes herbes /sur les côtés /des échassiers /se penchent /au dessus de moi /effleurant parfois / mes épaules / et frôlent / mes hanches. A mes ch/eveux emmêl/és se mêlent / les mèches /de vase et /je laisse les /têtards les /poissons les /alevins /qui dansent /délicat/ement se glisser /entre mes doigts / de pieds / de mains. De ronds galets blancs doux r/oulent dans mon dos / et contrarient le cours /serein de l'eau. Une brise / petite bise / glisse / en douceur /dans mes narines / mes poumons /roseaux et fleurs / bruissent / légèrement /et des joncs /des signes dessinent /lentement /contre le ciel/ de surréelles / hélices / improbables /émouvantes /le sable / est lisse /et mouvant. Libellules / minuscules / araignées / aux pattes / longues et /élastiques /ou / insectes / aquat/iques parcourent mon / corps mollement / de frêles moustiques/ se délectent /(modéremment) / du sang de mon /cou.







ton amour est une rue. ton amour est une rue : grande cité, la nuit, l'hiver - fêtes de fin d'année - feux des vitrines achalandées - se reflètent sur les flaques des pavés - ville parée de bijoux kitsch/clinquants - rues gonflées de gens : manteaux XL de couleurs sombres, bonnets sans visages - écharpes_lianes qui m'agrippent en passant - sourds bruits de bottes pressées et brouhaha géant - flot de personnes affairées - courant continu de passants - qui parfois sans me voir me bousculent - ou foule épaisse qui de temps en temps - me happe - et m'entraîne dans son sillon.
Un mendiant me hêle :
-"J'ai froid. Viens me réchauffer"
(ton amour est en rut!)


crédits photos G Thérin et JC Dichant